Live report

FEIST dans l’intimité

Feist le 15 septembre 2023 à l’Elysée Montmartre

Cela faisait plusieurs années que Feist ne s’était plus produite en France. La Canadienne devait revenir lors de la tournée événement d’Arcade Fire, mais a préféré décommander. La voici de retour avec un nouveau show à l’Élysée Montmartre, complet.

SEULE SUR SON ÎLE

La première chose que l’on remarque en pénétrant dans l’enceinte, c’est qu’une petite scène circulaire a été installée au milieu de la salle, en plein milieu du public. Tout de suite, on se doute que quelque chose de spécial se prépare. On aperçoit même Chilly Gonzales dans l’auditoire. Fera-t-il une apparition sur scène plus tard ?

Il est 20h15 lorsque les projecteurs s’éteignent. FEIST débarque depuis les coulisses de l’Élysée Montmartre. Un “périple” que l’on peut suivre sur le drap blanc qui camoufle complètement la scène principale et sur lequel sont diffusées en direct les images provenant d’un téléphone portable.

L’artiste a beau être seule sur son promontoire, elle est évidemment entourée d’un public venu pour elle. Et elle n’est pas avare en paroles. La pandémie, ses choix de vie, sa peur de ne pas pouvoir reprendre la route après autant de temps enfermée, etc. Tout y passe. Les blagues aussi, mais principalement l’émotion, qui manque même de la submerger à plusieurs reprises. On ne peut que s’attacher immédiatement à elle.

JOURNALISTE EMBARQUÉ

À peine trois morceaux joués, que Feist nous fait une confession : le téléphone pointé sur elle et sur la guitare, cela va bien cinq minutes. Elle demande donc si, dans l’assemblée, quelqu’un serait partant pour “abandonner sa soirée” et la passer à parcourir la salle en filmant avec le fameux téléphone portable. Quelques mains timides et moins timides se lèvent, mais c’est un prénommé Louis qui est finalement choisi. Il s’avérera au final qu’il s’agissait en réalité d’un complice, qui fait partie de l’équipe de Feist. Même si quelques indices au fil du concert nous avaient déjà un peu mis sur la piste.

Le rôle de Louis (appelons-le comme cela même si ce n’est pas son vrai nom) durant tout le concert est donc de parcourir la foule et de filmer… un peu tout et n’importe quoi. Principalement les vêtements, bijoux, tatouages du public. Et aussi la régie. Beaucoup de régie, même. À tel point que le public lui demande même de se “ressaisir“. On imagine cependant qu’il s’agit sûrement d’un temps de latence pour régler quelques détails.

CONCERT AU LONG COURS

La première moitié du concert consiste ainsi en un premier set très agréable, qui laisse autant de place à la communication entre l’artiste et son public qu’à la musique. Mais quand la musique parle, les morceaux joués uniquement à la guitare acoustique réussissent à électriser la foule. Des titres comme “Century” ou encore “Become The Earth”, issus de son dernier album, Multitudes.

Puis arrive la superbe “I Took All Of My Rings Off”, durant laquelle Feist fait la transition entre son set acoustique en solo et le set plus classique avec son groupe. Une transition magistrale qui redonne un nouveau souffle au concert. L’artiste enchaîne ensuite différents titres coups de poing. “My Moon My Man” et “1234” sont évidemment de la partie, tout comme “I Feel It All” ou “I’m Not Running Away”.

Petite surprise que l’on avait pu voir arriver : Feist est rejointe par l’éminent Chilly Gonzales au piano pour entonner “The Limit To Your Love”. On remarque instantanément l’immense complicité et amitié qui lie les deux compatriotes (qui ont apparemment partagé une colocation à Paris à leurs débuts).

Arrive la fin de ce set de quasiment deux heures et demie. Si le deuxième set était très festif, l’artiste revient seule sur scène, rideau tiré, pour entamer deux pépites de son nouvel album, “Of Womankind” (jouée directement dans la foule) et “Love Who We Are Meant To”. La conclusion simple et en beauté d’un show dont on n’aura tout simplement pas vu le temps passer.

 

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Article Corentin Vilsalmon 

Photographe Charlotte Mabille-Lamy

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